Compagnie

pere-haroldLe Fils d’Adrien danse

En février 1999, Harold Rhéaume fonde sa compagnie de danse contemporaine. Voulant souligner la mémoire de son père Adrien décédé avant même de le voir danser, il nomme son organisme Le Fils d’Adrien danse. Ainsi, malgré son absence, le père incarnera le flambeau par lequel brûleront les aspirations artistiques du fils. Sur la photo ci-gauche, Adrien soulève, le jour de ces noces avec Marguerite (la mère d’Harold), son futur beau-père dans un geste gracieux, fort et élégant. C’est ainsi qu’Harold se plait à s’imaginer, porté à bout de bras par son père dans un mouvement qui le propulsera dans les sphères de l’imaginaire.

Son directeur artistique Harold Rhéaume, qui cumule aujourd’hui 30 ans de carrière, l’implante à Québec en 2000. Depuis sa fondation, Le fils d’Adrien danse a produit de nombreux spectacles dans trois créneaux distincts, mais hybrides : grand public, jeunesse et in situ. Devenus emblématiques du développement de la compagnie, ces trois créneaux contribuent à faire rayonner la danse contemporaine dans les milieux les plus divers. Harold Rhéaume est réceptif à la parole des artistes, des critiques et du public, considérant qu’ils sont des moteurs essentiels pour l’évolution de sa démarche.

De la beauté formelle et profonde de C.O.R.R. à la sensibilité subtile et palpable de NU en passant par l’esthétique pop de CLASH! ou encore par l’effet entrainant de milliers de spectateurs qui prennent d’assaut la Ville de Québec avec LE FIL DE L’HISTOIRE et JE ME SOUVIENS, les productions de la compagnie témoignent d’une volonté de renouveler sans cesse son vocabulaire artistique au contact de références les plus éclectiques. Chaque spectacle produit aura été motivé par la volonté de dépasser la gestuelle, la scénographie et l’expérience générale proposées au public lors de la production précédente. Ce faisant, le Fils d’Adrien danse se montre ouvert à la multiplicité des tendances culturelles et des questionnements individuels et collectifs qui font la complexité de notre monde.

Au fil des ans, Le Fils d’Adrien a développé des projets jeunes publics aussi singuliers que LES COUSINS, VARIATIONS MÉCANIQUES ou F.U.L.L. Dans VARIATIONS MÉCANIQUES, par exemple, Rhéaume s’inspire de Fred Astaire, Charlie Chaplin et Norman McLaren, créateurs/interprètes, hommes/enfants se mettant eux-mêmes en scène, pour plonger les jeunes spectateurs dans un univers à la fois candide et très esthétique, tandis que F.U.L.L., aborde de front la difficile question de la construction de l’identité à l’adolescence par le biais de la dynamique de la gang, source de complicité et de rivalité. Un peu comme l’art visuel cherche souvent à sortir du cube blanc qu’est la galerie d’art ou la salle de musée, la danse contemporaine du Fils d’Adrien cherche parfois à descendre de scène et à sortir dehors pour se faire dans le public.

Depuis 2008, les spectacles in situ développés par Le Fils d’Adrien, LE FIL DE L’HISTOIRE, JE ME SOUVIENS et MARCHE-MÉMOIRE-DANSE, ont permis de rassembler un très large public autour d’une réflexion sur l’aura de la ville de Québec et sur la puissance symbolique de son histoire combinée à la beauté et la force de son architecture. Ces initiatives représentent des défis pour le chorégraphe devant sublimer son art à la mesure de la grandeur de la scène urbaine. Ces événements sont aussi une manière de s’inscrire dans la cité en proposant une expérience de danse différente qui permet d’être plus près des spectateurs tout en démocratisant la danse. En 6 ans, ce sont près de 18 000 personnes qui ont été touchées par ces projets de danse à l’extérieur.